TRAITEMENTS MÉDICAMENTEUX

 

Il existe trois grandes familles de traitements médicamenteux. Ces traitements agissent plus ou moins efficacement sur les saignements et sont généralement prescrits pour une période de 3 à 6 mois.

Traitements hormonaux

Les progestatifs : Lutéran®, Lutényl®, Surgestone®, sont des traitements hormonaux composés de molécules de synthèse dérivées de la progestérone, l’hormone secrétée par les ovaires. Ces traitements agissent sur les saignements abondants et permettent une contraception par voie orale ou via un stérilet libérant progressivement de la progestérone quand la pose d’un stérilet est possible. On a cru pendant longtemps que les progestatifs équilibraient l’action des œstrogènes mais on sait aujourd’hui qu’ils ont une action contraire. Outre le fait que ces traitements peuvent occasionner chez certaines femmes des saignements intempestifs, les progestatifs peuvent aussi être responsables de la croissance des fibromes; ce qui pose un problème quant à la pertinence de leur prescription aux femmes atteintes de fibromes.

 Les anti-fibrinolytiques sont prescrits lors de saignements abondants, ils permettent de diminuer le flux des saignements. Le médicament type est l’Exacyl®.

PHARMACOVIGILANCE : en raison d’un risque potentiel de tumeurs cérébrales, le Lutéran® et le Lutényl®, font l’objet depuis février 2019 d’une surveillance par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). En attendant les résultats de l’enquête qui sera diligentée, l’ANSM recommande aux médecins la restriction des prescriptions du Lutéran et du Lutényl, ainsi qu’une surveillance accrue des patientes traitées par ces médicaments.

Après la mise en garde faite en février 2019, l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM)  a rendu public le 17 juin 2020 les résultats de son étude sur les effets indésirables du Lutényl et du Lutéran. Cette étude confirme l’existence d’un risque élevé de tumeurs cérébrales pouvant être induit par ces deux médicaments et leurs génériques, chez les femmes traitées pour fibrome utérin, endométriose ou troubles de la ménopause. L’ANSM recommande aux patientes âgées de 35 ans et plus, traitées pendant plus de six mois par l’un de ces médicaments ou leurs génériques, de consulter leur médecin pour la marche à suivre. La réalisation d’une IRM cérébrale est recommandée aux patientes ayant été traitées par l’un de ces médicaments pendant plus de 5 ans. Les risques de tumeurs potentiellement imputables à ces médicaments sont proportionnels à l’âge et à la durée du traitement. Pour les femmes de 35-44 ans ayant pris pendant plus de 6 mois l’un de ces médicaments, les risques sont 3,4 fois plus élevés que la moyenne. Pour les femmes ayant pris pendant plus de 5 ans l’un de ces médicaments, les risques sont 12,5 fois plus élevés. Si vous prenez actuellement le Lutényl, le Lutéran ou leurs génériques, contactez votre médecin pour la conduite à tenir. 

Pour en savoir plus sur les directives de l’ANSM cliquez sur le lien suivant : https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Lutenyl-Luteran-et-generiques-recommandations-preliminaires-suite-a-la-confirmation-du-sur-risque-de-meningiome-Point-d-Information

 

 

Traitements anti-hormonaux : les agonistes de la GnRH

Décapeptyl®, Enantone®, Gosereline®, Gonapeptyl® sont généralement prescrits pour une durée de trois mois renouvelable une fois, en prévision d’une intervention. Ils sont administrés par injection intramusculaire et entraînent l’arrêt des règles et des saignements, ainsi qu’une diminution de la taille de l’utérus et des fibromes. Également appelés analogues de la GnRH, les traitements anti-hormonaux bloquent l’action d’une hormone de la reproduction, l’hormone libératrice des gonadotrophines, et freinent par leur action la production d’œstrogènes.

Ces traitements ont pour but de provoquer une ménopause artificielle transitoire permettant l’arrêt des saignements le temps de corriger une anémie. Ils ont l’avantage d’augmenter le taux d’hémoglobine et réduire les pertes sanguines peropératoires. Bien que soulagées, les femmes traitées par ces traitements peuvent cependant être sujettes à des effets secondaires tels que les bouffées de chaleur, céphalées, irritabilité, prise de poids, sécheresse cutanée et vaginale, fatigue, troubles de l’humeur, baisse de la densité osseuse. Le plus souvent les fibromes reprennent leur croissance après l’arrêt de ces traitements, au grand dam des patientes.

Ulipristal acétate (ESMYA)

Suite à un nouveau cas d’hépatite fulgurante et des cas d’hépatotoxicité consécutifs à la prise du médicament Esmya, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et l’Agence européenne du médicament (EMA) annoncent à compter du 12 mars 2020 la suspension à l’échelle européenne du médicament Esmya.
Les femmes atteintes de fibromes, actuellement traitées par Esmya sont invitées à arrêter immédiatement la prise de ce médicament et se rapprocher de leur médecin en vue d’un bilan hépatique. La prescription du médicament Esmya est désormais interdite en attendant les résultats de l’enquête ouverte par l’Agence européenne du médicament. A titre de rappel le médicament Esmya avait déjà fait l’objet d’une suspension en 2018 pour ces mêmes motifs et est depuis déremboursé par l’Assurance Maladie.

Pour en savoir plus sur les directives de l’ANSM cliquez sur le lien suivant :
https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Le-medicament-ESMYA-ulipristal-ne-doit-plus-etre-utilise-dans-l-attente-des-resultats-de-la-reevaluation-de-son-rapport-benefice-risque-Point-d-information

 

 

Issu de la molécule Ulipristal Acétate, Esmya est un modulateur sélectif des récepteurs de la progestérone (SPRM), homologué depuis 2013 avec pour indication thérapeutique principale, le traitement des symptômes des fibromes utérins, notamment les saignements, en prévision d’une intervention chirurgicale, chez la femme en âge de procréer. Ce traitement se fixe aux récepteurs de la progestérone et empêche celle-ci d’agir. L’ulipristal acétate est prescrit en prévision d’une opération pour une durée de trois mois, renouvelable une fois, en cas de saignements abondants ou d’hémorragies. La prise de ce médicament s’effectue quotidiennement par voie orale et entraîne, dans le meilleur des cas, l’arrêt des règles et une légère diminution temporaire de la taille des fibromes. Ce traitement a des effets indésirables assez similaires aux traitements hormonaux et anti-hormonaux : bouffées de chaleur, prise de poids, céphalées…

Au cours de l’année 2017, 51 cas d’insuffisances hépatiques consécutives à la prise d’Esmya ont été recensés, parmi lesquels 4 cas d’hépatites aiguës ayant nécessité une transplantation de foie et la survenue du décès d’une patiente. L’Agence Européenne du médicament (EMA) a décidé le 9 février 2018,  de suspendre à l’échelle européenne, la prescription du médicament Esmya. Cette mesure de précaution vise à protéger l’ensemble des femmes qui souffrent de fibromes utérins, suite à des cas d’hépatites graves, survenus chez des patientes traitées par le médicament Esmya.

C’est depuis le mois de novembre 2017 que le traitement Esmya, faisait l’objet d’une enquête diligentée par l’Agence européenne du médicament. L’association Fibrome Info France a pris part le 14 décembre avec l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) à un groupe de travail, pour définir la conduite à tenir, suite aux cas d’hépatites recensées. L’information et l’accompagnement des femmes atteintes de fibromes utérins sont au cœur des actions de Fibrome Info France. C’est à ce titre que l’association a été sollicitée par l’ANSM. L’association Fibrome Info France approuve la suspension de la prescription du médicament Esmya au nom du principe de précaution et l’intérêt supérieur des patientes. L’association recommande aux femmes qui souffrent de fibromes utérins la plus grande vigilance !

Sur décision de l’Agence Européenne des Médicaments (EMA), Esmya a été remis sur le marché, après une suspension de 5 mois. L’Agence Française de Sécurité des médicaments (ANSM) recommande aux médecins un encadrement rigoureux et une restriction des prescriptions d’Esmya en dernière intention.

L’ANSM recommande notamment aux médecins d’évoquer avec les patientes les traitements alternatifs auxquels elles peuvent prétendre et «dans bien des cas, cette démarche aboutira à ne prescrire Esmya qu’en dernier recours dans le traitement des fibromes utérins». L’ANSM recommande également qu’un bilan hépatique soit effectué par les patientes, avant, pendant et après la prise de ce traitement. Les recommandations de l’ANSM visent à protéger l’ensemble des femmes qui souffrent de fibrome utérin. Une lettre d’information a été adressée par l’ANSM aux gynécologues, aux généralistes  et aux centres de transplantation de foie. Une carte d’information destinée aux patientes a été ajoutée à la notice du médicament Esmya.

Télécharger la carte d’information patientes

Télécharger la lettre d’information de l’ANSM

Cures de fer

En présence de saignements abondants ou d’hémorragies, un complément en fer peut être prescrit pour corriger l’anémie ferriprive liée au manque de fer, consécutif aux pertes sanguines.

 

Antalgiques et anti-inflammatoires

Une prescription d’antalgiques ou anti-inflammatoires est préconisée pour le soulagement des douleurs pelviennes.