L’ostéopathie est une thérapie naturelle, inspirée des civilisations ancestrales ; elle est autant une science thérapeutique basée sur une connaissance approfondie de l’anatomie, qu’un art thérapeutique et une philosophie au service du soin de l’être dans sa globalité. L’ostéopathie est fondée sur la capacité du corps à s’autoguérir, la prise en compte de l’individu dans sa globalité et le principe d’équilibre tissulaire. Quand toutes les parties du corps sont en ordre, le corps est en bonne santé. Quand une partie du corps est atteinte, le corps entier est déséquilibré et les maladies peuvent apparaître. C’est ce qu’on appelle une « lésion ostéopathique ». Etymologiquement, le terme «ostéopathie» est formé par deux racines grecques «ostéon» qui signifie «os» et «pathos» qui veut dire «maladie, souffrance» dont la combinaison désigne l’influence des os en relation avec la maladie. Selon l’OMS, « l’ostéopathie consiste à prévenir, diagnostiquer et traiter manuellement les dysfonctions de la mobilité des tissus du corps humain susceptibles d’en altérer l’état de santé. »

Peu de femmes le savent, mais l’ostéopathie peut traiter certains troubles ou déséquilibres gynécologiques. Nous nous attarderons ici sur les applications ostéopathiques aux troubles gynécologiques, particulièrement pour les femmes souffrant de douleurs pelviennes ou de symptômes localisés dans la zone du bassin de la femme. L’ostéopathe peut soulager ces troubles gynécologiques fonctionnels en agissant sur le système mécanique, mais aussi hormonal et nerveux. L’ostéopathie gynécologique offre aux femmes une aide très précieuse en intervenant sur des troubles qui peuvent être liés à des dysfonctionnements mécaniques, tels qu’une baisse de mobilité de l’utérus, les antéversions ou les rétroversions utérines. Les mobilisations de l’utérus se font le plus souvent par voie externe. Les champs d’application de l’ostéopathie gynécologique sont nombreux : douleurs pelviennes, pesanteurs abdominales, dysménorrhées, aménorrhées, irradiation, suite de péridurale, de ponction lombaire, œdèmes, accompagnement des fausses couches, préparation pré-conceptionnelle, accompagnement pré et post natal, épisiotomie, ligature de trompes, ménopause.

L’ostéopathie gynécologique peut également être une aide en cas de blocages mécaniques, car toute mauvaise position ou déséquilibre du bassin tend les ligaments qui compriment les vaisseaux et les artères nourrissant les organes liés à la reproduction. Le bon fonctionnement des organes reproducteurs dépend de leur bonne vascularisation. En effet, l’hypovascularisation de l’utérus rend la muqueuse moins apte à retenir l’embryon. Par conséquent, la nidation sera plus difficile, même si la fécondation a eu lieu. Le traitement ostéopathique va consister à redonner une mobilité au bassin et aux organes de reproduction et favoriser une meilleure vascularisation afin que l’ovulation soit de meilleure qualité et que la nidation puisse se faire. Dans le cas d’une immobilité utérine, par exemple, l’ostéopathe va traiter la cause et pourra le cas échéant, permettre à la femme de pallier un déséquilibre qui perturbe sa vie intime et/ou sa capacité à procréer. Cette manipulation se pratique par voie interne lorsque l’ostéopathe y est habilité.  En pré et post-natal, un suivi  permettant ainsi de conserver jusqu’au terme de la grossesse, une bonne mobilité du bassin, de l’utérus et du diaphragme, afin de faciliter l’accouchement. Notamment en trouvant un bon équilibre entre l’utérus qui prend en fin de grossesse, cinquante fois son volume, et toutes les structures autour qui sont malmenées (côlon, vessie, vaisseaux). Tous les ostéopathes ne sont pas habilités à pratiquer l’ostéopathie gynécologique ; seuls les ostéopathes détenteurs d’un diplôme médical ou paramédical peuvent avec accord et consentement éclairé de la patiente, procéder à des ajustements intrapelviens. A tous les âges de la vie, de la jeune femme à la femme ménopausée, l’ostéopathie peut apporter des réponses aux troubles et dysfonctionnements hormonaux des femmes.